Test salivaire pour dépister endométriose

Test salivaire pour dépister endométriose : une révolution ?

Une équipe française qui réunit des experts médicaux en endométriose et des ingénieurs en intelligence artificielle a mis au point un test de diagnostic basé sur le séquençage de microARN dans la salive.

Bien que les femmes atteintes d'endométriose doivent souvent suivre un long parcours médical (8 à 12 ans en moyenne), la mise au point d'un test de diagnostic non invasif de la maladie pourrait raccourcir ces délais.

En France, 10% des femmes souffrent d’endométriose

Selon le Dr François Golfier (1), chef du service de gynécologie et d'obstétrique au CHU Lyon Sud et président de la Commission Endométriose du CNGOF, cette maladie se caractérise par la présence de fragments de tissus similaires à l'endomètre à l'extérieur de la cavité utérine au niveau de différents organes . Elle peut toucher l’appareil génital, les ovaires, le rectum, la vessie et même s’étendre aux intestins et poumons. 

Durant la période menstruelle, ces fragments de tissu réagissent à la stimulation hormonale et provoquent une inflammation, qui à son tour provoque une douleur intense et débilitante et une grande variété de symptômes. 

En France, près de 10% des femmes en âge de procréer souffrent de cette maladie (2). 

Test salivaire endométriose : Une solution pour réduire les délais de diagnostic et permettre un traitement précoce

Le délai entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic d'endométriose est généralement très long, en moyenne 8 ans. Cela est dû à la complexité de cette maladie multifactorielle, mais aussi au manque de connaissances des professionnels de santé sur les soins primaires.

En effet, de nombreuses femmes se plaignant de douleurs insupportables se sont vues traitées de fragiles ou de faibles par leur médecin ou gynécologue alors que l’on sait que cette maladie entraîne des douleurs parfois très handicapantes. 

L’Endotest se révèle être une véritable révolution dans le domaine du dépistage de l’endométriose. Et pour cause, là où il fallait attendre parfois 10 ans pour que le diagnostic d’endométriose soit posé, le test salivaire permet d’avoir un résultat en seulement quelques jours.

Les femmes pourront ainsi :

  • entamer un traitement rapidement après l’apparition des symptômes,
  • stopper l’aggravation des douleurs et symptômes,
  • réduire les risques d’infertilité,
  • limiter l’impact de la maladie sur leur quotidien.  

Il leur sera également plus facile de se tourner vers des solutions naturelles comme l’huile de CBD pour soulager les douleurs liées à l’endométriose.

Test salivaire endométriose Endotest

Un test simple et fiable pour dépister l’endométriose

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF) a indiqué que la fiabilité de ce test est exceptionnelle avec une sensibilité de 97%, une spécificité de 100% et un rendement diagnostique supérieur à 98%, et confirme qu'Endotest marque le début d'une révolution scientifique pour la santé des femmes.

Ce test est particulièrement simple d'utilisation : les femmes prélèvent elles-mêmes l'échantillon de salive à la maison à l'aide d'un kit de prélèvement. Elles renvoient ensuite l'équipement au laboratoire, qui confirme ou infirme le diagnostic d'endométriose en quelques jours, avec une précision proche de 100 %.

Pour Yahya El Mir, président de Ziwig, "l'avantage de la salive sur le sang, c'est qu'elle est stable et dure dans le temps, alors que le sang doit être séquencé en 2 heures". 

Une vaste étude clinique pour valider l’efficacité de ce test de dépistage de l’endométriose

Au cours des dix dernières années, plusieurs équipes de recherche ont identifié que les microARN sont impliqués dans l'endométriose. Les microARN sont de petits ARN non codants.

"Contrairement à l'ARN messager, utilisé dans les vaccins contre le Covid-19 par exemple, ils ne sont pas traduits en protéines par la machinerie cellulaire. Leur rôle est d'exprimer des gènes : lorsqu’un miARN se fixe sur sa cible, un ARN messager spécifique, il bloque sa traduction en protéines et/ou induit sa dégradation", expliquent les équipes de la start-up Ziwig, qui va commercialiser le test. 

"Les miARN jouent un rôle de régulateurs dans la cellule. Ils jouent un rôle important dans les voies biologiques essentielles, pour faire proliférer des cellules, pour induire le processus d'inflammation ou encore assurer la survie des cellules", explique le Pr Golfier. 

En janvier 2021, une équipe de recherche française, composée d'experts médicaux en endométriose et d'ingénieurs en intelligence artificielle de la start-up Ziwig, a lancé l'essai clinique Endo-microRNA, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Clinical Medicine.

L'essai clinique prospectif a inclus 200 patientes et a permis d'analyser le microARN humain pour distinguer les patientes atteintes d'endométriose des patientes indemnes et de développer un test diagnostique basé sur les microARN du sang et de la salive.

Le diagnostic d'endométriose a été établi au moment de l'inclusion, soit par la réalisation d'une laparoscopie avec biopsies, soit par une imagerie par résonance magnétique qui a montré des images caractéristiques de l'endométriose. Cette méthodologie leur a permis d'identifier un groupe de 153 patientes atteintes d'endométriose de gravité différente, qui pourrait être comparé à un groupe témoin de 47 femmes qui ne souffraient pas de la maladie. Des échantillons de sang et de salive ont été prélevés sur toutes les participantes.

Grâce à la combinaison du séquençage de nouvelle génération et de l'intelligence artificielle, les chercheurs ont d'abord évalué l'ensemble du pool de microARN humains (microRNAnome), soit plus de 2 600 microARN.

La deuxième grande étape consistait à étudier le sang pour associer ces biomarqueurs à l'endométriose. Cela a permis d'identifier une sélection de 86 microARN dans le sang. Grâce à cette sélection de biomarqueurs, l’équipe a pu atteindre une sensibilité de 96,7% et une spécificité de 100% pour le diagnostic de l'endométriose. Cette précision diagnostique est supérieure à celle des autres outils actuellement disponibles (notamment IRM et échographie pelvienne).

La dernière étape consistait à analyser les microARN présents dans les échantillons salivaires et associés à la physiopathologie de l'endométriose (109 au total), afin d'atteindre la même précision diagnostique, quelle que soit la présentation de l'endométriose. 

La disponibilité de ce test est encore inconnue 

Le test Endotest possédant le marquage CE devrait bientôt être disponible dans plusieurs pays européens. Sa mise à disposition des patients fait actuellement l'objet d'une concertation avec les autorités de santé françaises, en vue de son inscription dans le parcours de soins et de son éventuel remboursement par l'assurance maladie.

(1) (source: Dr François Golfier)

(2) source: Ministère de la Santé

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